Directive sur le travail sur plateforme
Directive sur l'amélioration des conditions de travail dans le travail sur plateforme
Vue d'ensemble
La Directive sur le travail sur plateforme traite des conditions de travail des personnes effectuant un travail sur plateforme (travailleurs de l'économie collaborative). Elle établit des règles sur la détermination du statut d'emploi, la transparence de la gestion algorithmique et le renforcement de la protection des données pour les travailleurs sur plateforme.[1]
Les États membres doivent transposer la Directive dans leur droit national avant le 2 décembre 2026.
Champ d'application
Qui est concerné ?
- Travailleurs sur plateforme : Personnes effectuant un travail organisé via des plateformes numériques de travail
- Plateformes numériques de travail : Services utilisant des systèmes automatisés pour mettre en relation travailleurs et tâches
Exemples de travail sur plateforme
- VTC (Uber, Bolt)
- Livraison de repas (Deliveroo, Wolt)
- Marchés de freelance (Fiverr, Upwork)
- Services à domicile (ménage, réparations)
- Plateformes de services professionnels
Statut d'emploi (Chapitre II)[2]
Présomption légale
Les États membres doivent établir une présomption légale de relation d'emploi lorsque la plateforme :
- Détermine des plafonds de rémunération
- Exige une apparence ou un comportement spécifique
- Supervise la performance par des moyens électroniques
- Restreint la liberté d'organiser le travail
- Restreint la capacité à développer une clientèle
La charge de la preuve qu'il n'existe pas de relation d'emploi incombe à la plateforme.
Implications
Si classé comme salarié :
- Accès au salaire minimum
- Limites du temps de travail
- Droits aux congés payés
- Couverture de la sécurité sociale
- Droits à la négociation collective
Gestion algorithmique (Chapitre III)[3]
Exigences de transparence
Les plateformes doivent informer les travailleurs sur :
| Information | Quand |
|---|---|
| Systèmes de surveillance automatisés | Avant le début du travail |
| Prise de décision automatisée | Avant le début du travail |
| Critères d'évaluation | Avant le début du travail |
| Paramètres principaux des décisions | Avant le début du travail |
| Raison des décisions spécifiques | Sur demande |
Pratiques interdites
Les plateformes ne peuvent pas traiter via des systèmes automatisés :
- État émotionnel ou psychologique
- Opinions politiques ou appartenance syndicale
- Origine raciale ou ethnique
- Statut migratoire
- Données de santé (sauf exigences légales)
- Données biométriques pour identification
Supervision humaine
Les plateformes doivent :
- Évaluer l'impact des décisions automatisées sur les travailleurs
- Disposer de personnel qualifié pour superviser les systèmes automatisés
- Assurer une révision humaine des décisions importantes
- Ne jamais licencier/mettre fin au contrat uniquement sur la base d'une décision automatisée
Droits des travailleurs
- Explication : Droit d'obtenir une explication des décisions automatisées
- Révision : Droit de demander une révision humaine
- Rectification : Droit de corriger des données inexactes
- Indemnisation : Droit à une compensation pour préjudice causé par l'algorithme
Protection des données (Chapitre IV)
Exigences d'EIVP
Les plateformes doivent réaliser des évaluations d'impact sur la protection des données pour :
- Les systèmes de surveillance automatisés
- Les systèmes de prise de décision automatisée
- Tout traitement à haut risque des données des travailleurs
Les travailleurs doivent être consultés et avoir accès aux résultats de l'évaluation.
Limitations du traitement
Les données personnelles ne peuvent être traitées que si :
- Strictement nécessaires à l'exécution du contrat
- Requises pour des obligations légales
- Nécessaires pour des intérêts légitimes (pondérés avec les droits des travailleurs)
Conservation des données
Les données personnelles des travailleurs doivent être supprimées lorsque :
- Plus nécessaires à la finalité déclarée
- Le travailleur demande la suppression (le cas échéant)
- La relation d'emploi/engagement prend fin
Obligations des plateformes
Information aux travailleurs
Avant l'engagement, les plateformes doivent fournir :
- Informations sur les systèmes automatisés utilisés
- Conditions et motifs de résiliation
- Toute modification affectant l'algorithme (avec préavis)
Information aux autorités
Les plateformes doivent déclarer le travail sur plateforme à :
- Autorités du travail
- Institutions de sécurité sociale
- Représentants des travailleurs (nombre et statut des travailleurs)
Sanctions
Les États membres déterminent les sanctions, qui doivent être effectives, proportionnées et dissuasives.
Peuvent inclure des amendes administratives, des restrictions d'exploitation et la suspension de licence.
Implications pour les développeurs
Si vous construisez ou exploitez des systèmes de plateforme :
Transparence algorithmique
- Documenter les systèmes de surveillance automatisés
- Créer des mécanismes d'explicabilité des décisions
- Construire des tableaux de bord d'information pour les travailleurs
- Mettre en œuvre des workflows de révision humaine
Protection des données
- Réaliser une EIVP pour les systèmes de surveillance des travailleurs
- Mettre en œuvre la minimisation des données
- Supprimer les traitements de données interdits
- Créer des mécanismes d'accès aux données pour les travailleurs
Conception du système
- Permettre l'intervention humaine sur les décisions automatisées
- Enregistrer toutes les décisions automatisées affectant les travailleurs
- Construire des mécanismes d'appel et de révision
- Mettre en œuvre des évaluations d'impact régulières